
Le débat autour du foie gras fait rage en Suisse
Quand on parle des fêtes de fin d’année, on pense inévitablement au foie gras, cet incontournable des tables de retrouvailles familiales. Mais ce met délicat et raffiné fait grincer des dents une partie de la population, notamment les défenseurs du bien-être animal. En Suisse, les débats sont tels qu’une initiative populaire s’est lancée pour interdire purement et simplement le foie gras. Un sacrilège pour certains, une mesure de protection animale pour d’autres.
Le foie gras en balance
Cette initiative voit le jour sur fond de contestation du gavage des canards, une méthode controversée et jugée cruelle par de nombreux défenseurs du bien-être des animaux. La Suisse, qui interdit le gavage depuis plus de 40 ans, envisage ainsi de donner un coup d’arrêt à l’importation de foie gras. Selon Jacqueline Lavanchy, une élue locale, ce serait la suite logique du respect de l’animal. Attention, discours musclé : « Le genre de traitement qui est nécessaire pour produire le foie gras est une aberration et d’une cruauté extrême. Et ça, je crois que de plus en plus de gens le comprennent. Il ne peut pas y avoir de respect de l’animal dans des conditions pareilles. C’est impossible.»
Un débat qui divise
Comme en cuisine où l’on est rarement d’accord sur la cuisson des légumes, tout le monde ne partage pas cet avis en Suisse. Les bouches vont faire la moue du côté de la Suisse romande, où le foie gras est particulièrement apprécié. Pour Jacques Bourgeois, ex-député de droite, ce devrait être le consommateur qui trancherait le sort du foie gras : “Une interdiction, ça voudrait dire une augmentation du tourisme d’achat au détriment du commerce en Suisse, au détriment de la gastronomie en Suisse”. On imagine d’ici les adeptes du foie gras traverser la frontière en quête de leur précieux mets !
“Les gens iraient de l’autre côté de la frontière acheter ou consommer.”
– Jacques Bourgeois, ex-député suisse
Qu’en est-il du vote ?
L’initiative contre l’importation de foie gras en Suisse a recueilli plus de 100 000 signatures, de quoi déclencher un vote. Mais attention, on n’en est pas encore là, ces signatures doivent encore passer le contrôle d’authenticité. Et si dans le chaudron de cette votation, le “oui” à l’interdiction l’emportait, cela pourrait avoir des conséquences pour les éleveurs français. Car figurez-vous que la Suisse, aux côtés du Japon, est l’une des plus grandes amatrices de foie gras de l’Union européenne !
Alors, le foie gras, victime délicieuse ou délicat martyre ? La question fera sans doute encore débat au prochain réveillon… Affaire à suivre.
