
A la (re)découverte du sens du restaurant
Remontez avec moi le temps, aux origines du mot restaurant. Là-bas, ce n’est pas une adresse chic où vous pouvez savourer des plats étoilés. Non, c’est un lieu où les gens vont pour acheter un produit “restaurant”. En réalité, ils vont là pour “se restaurer”. Etonnant non ? Je vous assure que ce n’est pas un mauvais jeu de mots. On se restaurait autrefois avec de la nourriture qui redonnait des forces à notre organisme, qui le remettaient en état, comme des bouillons de santé par exemple. J’imagine que cela vous fait sourire, moi aussi ! Il y a longtemps que nous avons oublié que nous allons au restaurant pour donner des forces à notre corps.
Comme le dit Thierry Marx, manger, c’est se restaurer, c’est fournir de l’énergie à notre corps, tout ce qui lui fait du bien, en passant par le plaisir et le bien-être. Alors prendre pour acquis que les produits ultra-transformés sont bon pour soi, c’est malheureusement une pure illusion. Qui sait, ces aliments pourraient être les coupables de futures pathologies. Scary stuff, n’est-ce pas?
De la consommation à la dégustation
Asseyez-vous et de savourez cette mise en garde très pertinente du sociologue Claude Fischler. Il nous prévient : pour le bien de notre santé et de notre corps, nous devons arrêter d’être des consommateurs compulsifs pour redevenir des mangeurs délibérés. Vous vous demandez sans doute ce que cela signifie. Et bien, laissez-moi le partager avec vous. Pour cela, Marx pense que nous devrions réintroduire les cours de cuisine à l’école. Honnêtement, il a un point ici. Après tout, un cours de cuisine n’est pas seulement un cours de cuisine. C’est aussi un cours de maths, d’histoire-géo, d’instruction civique, de santé et de plaisir.
Comprendre ce que l’on mange, c’est apprendre à se restaurer. C’est retrouver du plaisir dans ce que l’on mange et savoir comment protéger sa santé. Malheureusement, nos sociétés ont créé une alimentation bipolaire. D’un côté, nous avons ceux qui ont les moyens et la connaissance pour bien manger. De l’autre côté, nous avons ceux qui sont contraints d’acheter à bas prix des produits ultra-transformés, dignes des plus grandes célébrités de la malbouffe. Alors, ne devrions-nous pas repenser notre façon de manger et réapprendre à savourer ?
