
Une journée dédiée aux échidnés marins
Adossés contre un bout de rocher ou attablés sur du bois rustique, les gourmands se sont rassemblés en masse pour savourer les marrons de l’océan. C’était le dimanche 29 janvier à Sausset-les-Pins (Bouches-du-Rhône), une festivité toute spéciale jouissait de sa saison haute : la récolte des oursins. Ces délices de l’océan, fortement salés, sont généralement appréciés crus, enrobés de pain, ou pour ceux qui ont l’âme d’un poil plus aventureuse, simplement avec le doigt. Une adepte avouée nous a même partagé sa technique : “Moi, je trépane chaque alvéole une par une, avec une petite cuillère”.
Un délicieux rituel en danger dû au réchauffement climatique
La coutume prisée de la dégustation des oursins ne date pas d’hier. Remontant aux fins des années 60, cette tradition gourmande est également considérée comme un héritage de l’ancien maire de la ville voisine de Carry-le-Rouet dans les Bouches-du-Rhône. Quoi de mieux pour réchauffer l’ambiance en plein hiver qu’une chaleureuse fête populaire célébrant notre hérisson des mers ? Le mois de janvier est le moment idéal pour cette récolte, mais il semblerait que la fête perd de sa faste en raison de la raréfaction de ces petits êtres piquants. En effet, les effets du réchauffement climatique ont durement frappé, avec une diminution drastique du nombre d’oursins sur la côte Bleue. Pour illustrer ce constat, aujourd’hui il y a cinq fois moins d’oursins qu’il y a dix ans. Ceci nous laisse penser que pour continuer à profiter de ces délices, il va falloir réfléchir à limiter notre empreinte écologique, au risque de manquer, non seulement de petits fours, mais aussi de petits oursins sur nos tables.
