Le premier pastis n’est pas provençal : l’origine méconnue dévoilée

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Un emblème provençal remis en question

Quand on évoque le pastis, beaucoup imaginent immédiatement un apéritif ensoleillé de Provence, avec le doux bruit des cigales en arrière-plan et une partie de pétanque en cours. Ce spiritueux anisé, rendu célèbre par Paul Ricard en 1932, est profondément ancré dans la culture méditerranéenne. Pourtant, son nom, si emblématique, désigne aussi une spécialité bien différente, et cette dernière ne vient pas du tout du sud-est de la France, mais des Landes.

Un nom, deux traditions

Le pastis provençal, boisson alcoolisée titrant entre 40 et 45 degrés, est une véritable institution lors des apéritifs. Mélangé à de l’eau, il offre un phénomène unique de “louchissement”, où le liquide se trouble, ajoutant à son charme. Mais à plusieurs centaines de kilomètres de Marseille, dans les Landes, le mot “pastis” n’a rien à voir avec un verre d’alcool. Là-bas, il s’agit d’une brioche parfumée aux saveurs variées comme la vanille, le rhum ou encore l’anis. Une douceur qui remonterait au XVIIe siècle, bien avant l’invention de la boisson provençale.

Une querelle douce-amère

L’idée que le mot “pastis” puisse désigner autre chose que leur boisson adorée a de quoi hérisser les Provençaux. Pourtant, les Landais tiennent à rappeler que leur pastis brioché est bien plus ancien. En gascon, “pastis” signifie d’ailleurs “pâte”, un lien direct avec le processus de fabrication de cette gourmandise. Si les deux traditions partagent le même mot, elles racontent des histoires très différentes, enracinées dans leurs terroirs respectifs.

Un savoir-faire ancestral jalousement préservé

La recette landaise du pastis brioché est entourée d’un certain mystère. Chaque famille ou boulanger possède sa propre version, transmise de génération en génération, souvent gardée secrète. Cependant, une version historique de cette recette nous éclaire sur sa complexité et son raffinement. Du levain au sirop parfumé, en passant par un long temps de repos, la réalisation du pastis landais demande patience et précision. Le résultat est une brioche moelleuse, légèrement dense, qui se déguste aussi bien au petit-déjeuner qu’en dessert.

Deux identités, une richesse commune

Cette double identité du pastis, entre boisson emblématique de la Provence et douceur traditionnelle des Landes, illustre la diversité et la richesse du patrimoine culinaire français. Plutôt que de s’opposer, ces deux traditions pourraient se compléter, offrant aux curieux l’occasion d’explorer des saveurs et des histoires issues de deux régions au caractère bien trempé.

  • En Provence, le pastis est synonyme de convivialité et d’apéritifs ensoleillés.
  • Dans les Landes, il est une douceur gourmande, idéale pour accompagner un café.
  • Les deux partagent une authenticité et un lien fort avec leur territoire d’origine.

Un débat qui nourrit la curiosité

Alors, pastis de Provence ou pastis des Landes ? Plutôt que de trancher, pourquoi ne pas goûter aux deux et célébrer la diversité culinaire française ? Que ce soit un verre anisé au bord de la Méditerranée ou une brioche parfumée dans un village landais, chaque pastis raconte une histoire unique. Une raison de plus pour lever son verre – ou sa fourchette – à ces traditions si riches.