
Le numérique et la cuisine : un mélange savoureux mais piquant
On pourrait penser que palette de couteaux et clavier d’ordinateur ne font pas bon ménage, pourtant le numérique a fait une entrée remarquée dans le monde de la gastronomie. D’éminents chefs tels que Guy Savoy ou Pierre Gagnaire, sont aussi actifs sur les réseaux sociaux que leurs collègues de la génération Y, démontrant ainsi que la digitalisation de la restauration n’est pas qu’une affaire de jeunes pousses.
Tourments numériques de la restauration
Toutefois, si le numérique donne des ailes aux restaurateurs pour leur promotion, il amène également son lot d’inquiétudes. C’est ce que souligne le chef étoilé Thierry Marx, actuellement à la tête du Syndicat des hôteliers-restaurateurs. Plutôt que de simplement appeler pour réserver, les clients passent de plus en plus par des plateformes de réservation qui prélèvent entre 8 à 15% du chiffre d’affaires. Autrement dit, on ne peut plus se passer du numérique, et les jours où on pouvait simplement discuter avec Bercy sont révolus. Aujourd’hui, le réel interlocuteur des restaurateurs, qu’ils le veulent ou non, c’est plutôt l’omnipotent Google.
L’autoroute digitale des géants du web
Effectivement, les Goliaths du web comme Google, sont les premiers à arborer ces plateformes (Booking, The Fork, JustEat, TripAdvisor, etc.) en tête de leurs listes de recherche, bien avant les sites officiels des hôtels ou des restaurants. Pour ces derniers, obtenir une place de choix dans la jungle du référencement peut s’avérer être un parcours du combattant.
Des mastodontes à emporter
Mais ces géants du web ne sont pas les seuls à donner du fil à retordre aux restaurateurs. D’autres plateformes, spécialisées dans la vente de plats à emporter, ajoutent une dose de piment à cette compétition déjà haute en saveurs. Comme le souligne Thierry Marx, le secteur de la restauration subit une ‘ubérisation’, qui favorise la cuisine à domicile ou à emporter au détriment du nombre de couverts en salle.
L’appel du chef
L’incontournable réalité est là : il faut s’adapter. Mais Thierry Marx soulève un point important : pourquoi se tourner vers des plateformes qui ne contribuent pas à l’économie française alors que nous avons les moyens de créer nos propres plateformes, efficaces et respectueuses du modèle social français ? C’est un peu comme si, pour prendre une métaphore culinaire, on achetait de la confiture importée alors que l’on a un jardin rempli de fruits à portée de main. Alors, prêts à concocter notre propre recette numérique ?
