
Paul Pairet : une entrée remarquée dans la gastronomie parisienne
Paul Pairet, chef renommé mondialement, s’offre une première incursion dans la scène culinaire française avec son restaurant inauguré dans le cadre somptueux de l’Hôtel de Crillon, place de la Concorde. Après avoir conquis Shanghai avec son expérimental UltraViolet, trois étoiles Michelin au compteur, il s’attaque ici à un registre plus classique : un grill à la française. Mais attention, classique ne veut pas dire banal.
Un lieu à la hauteur des ambitions
L’Hôtel de Crillon, quintessence du luxe parisien, semblait être le cadre idéal pour accueillir un tel projet. Dès l’entrée, la clientèle internationale est au rendez-vous : touristes fortunés et amateurs de haute gastronomie se croisent dans une ambiance feutrée. L’équipe en salle, omniprésente et impeccablement formée, renforce cette atmosphère haut de gamme tout en restant accessible. L’endroit affiche complet, même un dimanche soir, ce qui témoigne d’un succès déjà bien installé.
Une carte riche et variée
Le menu, particulièrement fourni, propose une gamme étendue de plats, allant des incontournables de la cuisine française aux grillades travaillées avec soin. Charcuteries, huîtres, salades, soupes, caviar ou encore viandes maturées se côtoient sur une carte qui mise sur la diversité. Si les prix oscillent entre raisonnables et luxueux, l’expérience culinaire semble justifier la dépense, à condition que la qualité suive.
- Entrées : œufs mimosa, poireaux vinaigrette, ou encore un tarama citronné d’une légèreté étonnante.
- Plats principaux : entrecôte normande maturée, poulet rôti, ou encore des poissons grillés.
- Desserts : baba au rhum flambé devant le client, un clin d’œil théâtral à la tradition française.
Un grill revisité
Dans cet établissement, les viandes sont évidemment à l’honneur. L’entrecôte normande maturée de 300 g, accompagnée de frites allumettes et de sauces maison, est un choix phare. Si la cuisson est parfaitement maîtrisée, certains morceaux pêchent par un excès de sel, un détail qui, heureusement, n’éclipse pas la qualité globale. À noter également la générosité du service : un verre de Cahors offert pour compenser ce désagrément. Un geste élégant qui témoigne d’un soin particulier porté à la satisfaction des clients.
Une expérience sensorielle subtile
Nonos ne se contente pas de flatter les papilles : il joue aussi sur l’expérience sensorielle. Le choix des vins, par exemple, est particulièrement soigné, chaque verre étant proposé en accord avec les plats. Côté desserts, le baba au rhum flambé en salle est une véritable performance qui ravit les yeux avant de conquérir le palais. Mention spéciale à la crème fouettée maison, légère et parfaitement dosée.
Les petits bémols d’un lieu d’exception
Malgré ses multiples qualités, l’établissement n’est pas exempt de critiques. La playlist musicale, par exemple, détonne par son décalage avec l’ambiance luxueuse du lieu, tandis que le choix du café Lavazza semble un peu en deçà des standards attendus dans un tel cadre. Des détails qui n’entachent toutefois pas l’expérience globale.
Conclusion : entre raffinement et audace
Avec Nonos, Paul Pairet réussit à implanter un grill sophistiqué dans un hôtel mythique sans céder à la facilité ni à l’ennui. Entre une carte riche, des produits de qualité et un service irréprochable, l’établissement parvient à se hisser parmi les adresses parisiennes incontournables. Quelques ajustements çà et là permettront sans doute au lieu de frôler la perfection, mais en l’état, Nonos est déjà une belle promesse gourmande.
