
Un pari audacieux dans le 7e arrondissement
Lagano, situé avenue de Breteuil, tente de s’imposer dans un quartier chic où les restaurants peinent parfois à remplir leurs tables, surtout un dimanche soir. L’établissement, avec sa devanture discrète et son éclairage prononcé, attire l’œil des curieux. Mais derrière cette façade, se cache une expérience gastronomique qui soulève autant de questions qu’elle ne suscite de plaisir.
Un espace restreint mais accueillant
Dès l’entrée, l’agencement interpelle. Une quinzaine de couverts seulement, une cuisine ouverte et une équipe de quatre personnes qui s’active. L’endroit est petit, mais ne manque pas d’âme. On est accueilli avec simplicité et chaleur, mais le décor minimaliste laisse une impression mitigée. Pas de chichis, certes, mais un petit effort supplémentaire pour l’ambiance aurait été bienvenu.
Quand trop d’ambition alourdit la carte
Le premier choc vient du menu. Pas moins de 22 propositions à la carte, soit bien plus que le nombre de places dans le restaurant. Une telle abondance peut séduire, mais elle inquiète aussi. Comment maintenir la fraîcheur des produits avec autant de plats à gérer ? Pourtant, depuis le comptoir où tout se prépare en direct, on est témoin d’un travail méticuleux : tout est fait maison. Les frigos débordant de boîtes soigneusement rangées en témoignent.
Une cuisine maison qui séduit par moments
Dans les assiettes, il y a du bon, voire du très bon. Les œufs mayo avec un subtil twist au pinard surprennent agréablement, bien que la saveur du vin reste discrète. Les coques façon Tom Yam, elles, sont un régal pour les papilles, avec une cuisson parfaitement maîtrisée. Le vitello tonnato, un grand classique, est rehaussé par une touche de purée de piment qui apporte une belle complexité. Cependant, tout n’est pas parfait. Le magret de canard, par exemple, arrive légèrement trop cuit, mais l’excellente sauce cacahuète compense ce faux pas. En dessert, le riz au lait revisité à la mode corse offre une conclusion douce et équilibrée au repas.
Une carte des vins qui fait mouche
Côté boissons, c’est une autre réussite. La sélection est à la fois pointue et accessible, avec des références comme la cuvée L’Endémique de Jérémy Quastana qui ravira les amateurs de vins naturels. On sent ici une vraie passion pour le produit, et chaque verre est une invitation à la découverte.
Quand les intentions dépassent la réalité
Le véritable problème de Lagano ne réside pas dans la qualité de sa cuisine ou de ses vins, mais dans son modèle économique. Avec une carte aussi riche et une ouverture de 10h à minuit, on se demande comment l’équipe peut tenir. La facture grimpe vite si l’on veut goûter plusieurs plats, ce qui pourrait dissuader certains clients. Pourtant, derrière cette envie presque maladive de bien faire, il y a une sincérité et une générosité indéniables.
Pourquoi soutenir cette adresse ?
Face aux grandes chaînes et aux restaurants calibrés pour Instagram, Lagano fait figure de petit poucet. L’adresse mérite d’être soutenue, ne serait-ce que pour ses efforts, son authenticité et son audace. Oui, tout n’est pas parfait, mais c’est précisément ce qui rend l’expérience attachante.
- Les points forts : Une cuisine maison soignée, des vins remarquables, et un accueil chaleureux.
- Les points faibles : Une carte trop ambitieuse, une addition qui peut vite grimper, et une ambiance un peu froide.
En conclusion
Lagano est une adresse qui donne envie de croire en elle, malgré ses imperfections. On espère qu’elle trouvera rapidement un équilibre entre ses ambitions et ses moyens. En attendant, elle offre une parenthèse gustative qui, bien que perfectible, vaut le détour. Si vous êtes prêts à soutenir une petite affaire qui met tout son cœur dans l’assiette, c’est ici qu’il faut aller.
